Une perspective européenne sur la réglementation du chanvre

Une perspective européenne sur la réglementation du chanvre

Pionnier européen de la culture du cannabis, la France cultive à elle seule environ 40 % du chanvre du continent. Pourtant, les réglementations strictes du pays interdisent nombre de ses produits.

Le chanvre – une merveille de fabrication très réglementée

Papier, isolation, litière pour animaux et construction. Tout cela ne fait qu’effleurer les nombreuses et diverses utilisations du chanvre, et on peut se demander ce que cette plante ne peut pas faire. Eh bien, peut-être être classée comme un médicament. Bien que des extraits contenant du CDB puissent être prélevés sur des variétés de chanvre à faible teneur en THC, des sanctions sont toujours prévues. Pour bien comprendre cette partie, il est nécessaire de bien différencier le CBD du THC. Par conséquent, le chanvre est très réglementé en Europe.

Il est intéressant de noter que c’est le marché alimentaire français qui a considérablement augmenté son utilisation du chanvre ces dernières années, en grande partie en raison du potentiel nutritionnel de la plante ; les graines de chanvre contiennent de grandes quantités d’acides gras oméga-3 et de protéines essentielles. Cette valeur protéique contribue à renforcer la candidature du chanvre comme alternative au soja pour le bétail européen. Des variétés à haute teneur en protéines pourraient même aider à nourrir les humains.

Alors, pourquoi, si tous ces bons produits peuvent provenir du chanvre, celui-ci est-il si fortement réglementé et restreint ?

Nouveaux aliments – une bouchée de plus que ce que vous pouvez mâcher

Une question brûlante au sein de l’industrie est de savoir si le chanvre peut être utilisé comme aliment au sein de l’Union européenne (UE). Le nombre de changements apportés à la section du CBD dans la législation sur les nouveaux aliments au cours des deux ou trois dernières années montre bien à quel point ce domaine particulier est déroutant. Les graines de chanvre, l’huile de graines et la farine ont toutes un passé de consommation dans l’UE et ne sont donc pas classées comme nouvelles, alors que les feuilles, les extraits de feuilles et le CDB le sont.

Mais qu’en est-il du THC qui n’est pas classé comme nouveau ?

En théorie, les graines de chanvre ne contiennent pas de cannabinoïdes. Cependant, lorsque la plante de chanvre est battue, ces graines peuvent toucher les fleurs et transférer des cannabinoïdes à l’enveloppe. Cela peut poser un problème si les graines ne sont pas lavées avant la transformation, car l’huile contiendra des traces de cannabinoïdes, comme le THC.

Actuellement, les valeurs indicatives pour le THC dans les aliments sont assez faibles et diffèrent d’un pays à l’autre, ce qui peut être source de confusion pour les fabricants et problématique pour l’exportation. L’Association européenne du chanvre industriel (EIHA) a proposé à la Commission européenne des lignes directrices harmonisées, qui prévoient une limite de THC plus élevée dans les ingrédients alimentaires. L’EIHA a considéré ces directives comme acceptables car les aliments contenant des cannabinoïdes sont censés contenir la forme THCA, qui n’est pas transformée en THC dans le corps.

Avec l’expansion de l’industrie du cannabis, il existe de nombreuses possibilités pour les cultivateurs français établis de passer du chanvre au cannabis. Mais cette transition présente des avantages et des inconvénients.

Du chanvre au cannabis médical – une simple évolution ?

Les cultivateurs français ne sont pas seulement expérimentés dans le chanvre, mais aussi dans les zones de culture plus difficiles comme le pavot à opium. Cependant, la culture en extérieur est un jeu totalement différent de la culture en intérieur, strictement contrôlée. De même, comme la communauté française du chanvre s’est concentrée exclusivement sur des variétés à très faible teneur en cannabinoïdes, il y a un long chemin à parcourir pour passer à des souches à forte teneur en cannabinoïdes.

Actuellement, la loi sur le cannabis en France est très claire : tout est interdit sauf les graines et les fibres des souches autorisées. Ce qui est moins clair, c’est la répression de la possession de cannabis, qui peut varier d’une région à l’autre.

Même l’utilisation du cannabis à des fins médicales reste limitée, et n’est disponible que lorsque toutes les autres options de traitement ont échoué. En octobre 2019, l’Agence nationale française de sécurité sanitaire des médicaments et des produits de santé a obtenu un essai de deux ans pour évaluer l’efficacité des médicaments à base de cannabis pour un certain nombre de pathologies. Cette recherche servira à identifier les effets secondaires, les risques et à évaluer le danger d’une adjonction.

Malgré cela, il faudra encore modifier le cadre réglementaire pour permettre aux cultivateurs de chanvre de passer au cannabis médical.

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